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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 21:28

 

Si tout ce qui est né doit périr sans remède, Dieu ne saurait être sorti

de la cuisse d'un homme et d'une matrice.

Non, Dieu est seul, unique et supérieur à tout. Il a fait

le ciel et le soleil, les étoiles, la lune

et la terre fertile, les vagues de l'eau des mers,

les monts altiers, le cours perpétuel des sources.

Il engendre aussi l'immense, l'innombrable multitude des êtres aquatiques.

Il pourvoit à la vie des reptiles qui se meuvent sur la terre,

à celle des multiples variétés variétés d'oiseaux qui gazouillent d'une voix mélodieuse

et claire, en fendant l'air au bruit harmonieux de leurs ailes.

Il a mis dans les vallons des montagnes la race farouche des bêtes sauvages

et, à nous mortels, il a soumis tous les animaux domestiques.

Comme maître de tous il a institué l'homme, créé des mains de Dieu,

et il les lui a subordonnés dans toute leur diversité que l'esprit ne peut embrasser,

car quelle chair d'entre les mortels pourrait les connaître tous ?

Seul les connaît celui qui les créa au commencement,

le Créateur impérissable, éternel, qui habite l'éther,

qui aux bons propose le bonheur bien plus considérable

et contre les méchants et les injustes suscite son ire, son courroux,

la guerre, la peste, les douleurs qui font verser les larmes.

Ô hommes, pourquoi vous glorifier vainement s'il vous faut être extirpés ?

Rougissez de transformer en dieux des belettes, des brutes.

L'esprit n'est-il pas privé de sens par la folie et la rage

si les dieux dérobent des écuelles et pillent des marmites ?

Au lieu de résider dans l'or infini du ciel,

vos idoles ont la mine vermoulue dans les grosses toiles d'araignées qui sont tissées autour d'elles.

Insensés, vous vous prosternez devant des serpents, des chiens, des chats.

Vous vénérez des oiseaux, des bêtes qui rampent sur la terre ;

des images taillées dans la pierre, des statues faites de vos mains,

ainsi que les amas de pierres sur le bord des chemins. Voilà ce que vous vénérez,

et bien d'autres vains objets que l'on ne saurait même nommer sans rougir !

Voilà les dieux qui séduisent les mortels dépourvus de conseil :

de leur bouche découle un venin qui donne la mort.

Mais celui qui est la vie, qui est l'impérissable et éternelle lumière

et qui, pour les hommes, verse une joie plus douce que le miel,

devant lui seul courbez vos fronts,

et il vous ouvrira la voie des âges de piété.

Abandonnant tout cela, vous avez tiré à vous la coupe plein du châtiment,

coupe puissante, lourde, dont le vin est pur, sans aucun mélange,

vous tous, avec un esprit transporté de démence.

Vous ne voulez pas secouer le sommeil de l'ivresse, retrouver un esprit sensé

et reconnaître le Roi, le Dieu qui veuille sur l'univers.

C'est pourquoi l'éclat d'un feu ardent arrive contre vous.

Vous serez brûlés par des torches tout au long du jour durant l'éternité,

honteux de vos mensongères, de vos inutiles idoles.

Mais ceux qui adorent le Dieu véritable et éternel

hériteront de la vie, et durant tout le temps de l'éternité

résideront ensemble dans le fertile jardin du paradis

et se nourriront du doux pain du ciel étoilé.

 

(Oracles sibyllins, Fragment III, tiré de La Bible, Écrits intertestamentaires, Gallimard)

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Published by Abou Marwan - dans Spiritualité
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