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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 21:36

Le Hamas

Alors que l'OLP commence peu à peu à accepter le principe de l'existence de l’État d'Israël, une nouvelle opposition à celui-ci apparaît en 1987 sous la forme du Mouvement de la résistance islamique, plus connu sous le nom de Hamas, acronyme de son nom en arabe. Nous nous intéresserons tout d'abord à sa création et à son action, puis nous évoquerons sa charte et enfin nous présenterons quelques éléments biographiques de certains de ses dirigeants.

I- Le Hamas : un mouvement aux multiples facettes

Le Hamas est une branche des Frères musulmans en Palestine. Cette association islamique fut introduite à Jérusalem par Saïd Ramadan, le gendre de son fondateur Hassan al-Bana. Avant la création du Hamas, l'association ne se préoccupait pas de résistance, mais seulement d'activités sociales diverses. Cependant, au début des années 1980, un islamisme inspiré de la révolution iranienne fait son apparition. Un premier groupe de cette tendance est créé en 1980, le « Jihad islamique ». Puis, au début de la première intifada, le Hamas est fondé autour de cheikh Ahmed Yassine (1937-2004). Son développement fut favorisé par l'affaiblissement du Fatah après l'assassinat d'Abou Jihad (Khalil Al Wazir), un des leaders de l'intifada. De même, le mouvement fut aidé financièrement par Israël qui voulait soutenir les oppositions à l'OLP. Cette politique se retournera contre l’État hébreu qui subira de nombreux attentats suite à l'assassinat de Yehiya Ayache, fondateur du bras armé du Hamas, contribuant ainsi à l'échec des accords d'Oslo. Le mouvement islamique répéta la même politique d'attentats suicides lors de la seconde Intifada. Le mouvement se développa également en dehors de la Palestine, notamment en Jordanie, autour de plusieurs leaders comme Khaled Mecha'al. Toutefois, les attentats du 11 septembre 2001 placent le Hamas dans une position délicate car désormais considéré comme une organisation terroriste par les États-Unis et l'Union.

Par ailleurs, le Hamas gagna en influence dans les territoires occupés grâce à son action sociale. Jusqu'à 2004, le mouvement coexistait plus ou moins pacifiquement avec l'Autorité palestinienne. Cependant, la mort de Yasser Arafat et des leaders du Hamas, le cheikh Yassine et Rantissi entraina une radicalisation du mouvement. Quand il emporta les élections législatives palestiniennes le 26 janvier 2006, Ismaïl Haniyeh est nommé premier ministre. Mais l'Occident fit rapidement front contre le Hamas en retirant les subventions que touchait le gouvernement palestinien. Les tensions montèrent avec le Fatah menant, malgré de nombreuses tentatives de conciliation, à une guerre civile dans la bande Gaza dont le Hamas prend totalement le contrôle et un blocus israélien y est imposé. Par la suite, des élections intérieures sont organisées à Gaza pour désigner les instances dirigeantes. Le dernier proche de cheikh Yassine à être aux commandes sera Ismaïl Haniyeh, les autres membres étant tous indépendants ou liés à Khaled Mecha'al.

II – La charte du Hamas

Le Hamas adopta cette charte le 18 août 1988. Il s'y définit comme une branche des Frères musulmans en Palestine. La référence à l'islam est bien sûr omniprésente dans la charte, avec notamment de nombreuses citations coraniques et de hadiths. Elle prône un retour à l'islam et son extension sur toute la Palestine, les autres religions devant coexister dans son ombre. Son programme politique envers Israël est sans compromis : aucune paix possible tant que la Palestine dans son ensemble ne sera pas dans le giron de l'islam. Il définit d'ailleurs le territoire palestinien comme étant une terre waqf laquelle personne n'a le droit de renoncer. Elle rejette la volonté de laïcité de l'OLP mais respecte les autres mouvements nationalistes ou islamiques tant qu'ils ne « font pas allégeance » aux puissances occidentales ou communistes.

D'un point de vue social, la charte définit une société solidaire face à Israël. La femme y a vocation à être « l'usine à hommes », tout en ayant un rôle moral, car gérante du foyer et de l'éducation des enfants. L'enseignement à l'école doit être islamique, avec aussi une étude de « l'ennemi ». De plus, l'art peut être utilisé à des fins de « mobilisation ». La charte dit accepter les deux autres religions du Livre, mais les références directes aux « Juifs » comme, étant l'ennemi tempère cette affirmation. De même, la charte fait explicitement référence aux Protocoles des Sages de Sion, contrefaçon utilisée par de nombreux adhérents aux théories de complots juifs.

III – Les dirigeants du Hamas

Le membre fondateur principal du Hamas est le cheikh Ahmed Yassine. Il est né à Gaza en 1937 et fut paralysé à l'âge de douze ans dans un accident. Il fait ses études au Caire où il rallie les Frères musulmans. Après diverses activités à Gaza, le gouvernement israélien l'encourage à créer un mouvement destiné à s'opposer à l'OLP. Il commence ses activités violentes à partir de 1982 et est emprisonné par Israël puis libéré. Il fonde le Hamas en 1987 et en devient le guide spirituel. Il est arrêté en 1989 puis libéré en 1997 avec le fiasco de la tentative d'assassinat de Khaled Mecha'al en Jordanie par le Mossad. Il est tué en 2004 lors d'une attaque israélienne.

Khaled Mecha'al quant à lui est né en 1956 en Cisjordanie. Il s'exile au Koweït en 1967. Dès la création du mouvement, il fut un membre très actif. Il s'installe en 1997 à Amman. Le Mossad lui injecte un poison à Amman en 1997, mais plusieurs des agents israéliens sont capturés. Devant la réaction et les menaces du roi Hussein, Benjamin Netanyahou, alors premier ministre d'Israël, libère cheikh Yassine et envoie un antidote pour Khaled Mecha'al. Sa notoriété s'accrut suite à cet incident, augmentant son influence au sein du Hamas. Il devint ensuite responsable du mouvement à l'étranger. Partisan d'un rapprochement du Hamas avec l'Iran et la Syrie, il s'emploie à en renforcer les liens.

Parmi les autres dirigeants du Hamas on peut citer Abdel Aziz Al-Rantissi, né en 1947, il est l'un des cofondateurs du mouvement. Il était également pédiatre. Il subit de nombreuses arrestations jusqu'en 1999. Il échappa à une tentative d'assassinat en 2003. Il remplaça le cheikh Yassine en tant que chef général du Hamas après la mort de ce dernier en 2004. Finalement, il mourut un mois plus tard dans un raid israélien. Ismaïl Haniyeh quant à lui est né en 1962 dans la bande de Gaza. Il sera nommé premier ministre suite aux élections législatives de 2006. Après son limogeage par Mahmoud Abbas, le Hamas prit le contrôle de Gaza où il exerce encore la fonction de premier ministre.

Le Hamas est passé par de nombreuses phases. De mouvement terroriste et de résistance, il est peu à peu devenu un véritable parti politique, jusqu'à gagner une légitimité lors des élections de 2006. Malgré un discours relativement dur, on voit peu à peu une volonté de paix s'affirmer chez certains des dirigeants.

 

Bibliographie :

Antoine Sfeir et Collectif, Dictionnaire géopolitique de l'islamisme, Bayard Centurion, 2009

Pour la charte du Hamas : http://www.gremmo.mom.fr/legrain/voix15.htm

Pages wikipédia :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hamas

http://fr.wikipedia.org/wiki/Isma%C3%ABl_Haniyeh

http://fr.wikipedia.org/wiki/Abdel_Aziz_al-Rantissi

 

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:38

Ainsi qu'une fiche sur le sionisme :

 

 

Le sionisme

 

Depuis la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70 et le début de la deuxième diaspora, l'espoir du retour en Terre d'Israël (Eretz Israël) a toujours été omniprésent dans les différentes communautés juives. Mais cette aspiration jusque-là religieuse trouvera un nouveau penchant plus politique avec l'apparition du sionisme.

À partir des années 1850, une première approche du retour en Palestine fit son apparition avec notamment le philosophe allemand Moses Hess qui aborde cette question sous un angle principalement politique. Précurseur du sionisme, il prônait la création d'un État juif socialiste en Palestine pour pouvoir faire face à l'antisémitisme qui était non plus religieux, mais sociétale et politique. À partir de 1880, une nouvelle phase, appelée présionisme, suivit. De plus en plus pessimistes sur les possibilités d'intégration, des intellectuels russes firent la promotion de la création d'une nation juive en Palestine ; le porte-parole de cette mouvance fut Léon Pinsker (1821-1891), son action incita dix mille juifs à émigrer en Palestine, mais ils ne purent maintenir une indépendance financière et l'opération fut un échec.

Toutefois, le véritable fondateur du sionisme politique fut Theodor Herzl (1860-1904) ; l'antisémitisme grimpant l'incitera à publier en février 1896 le manifeste « L'État des juifs. Tentative de solution moderne à la question juive » dans lequel il appelle à la création d'un « État pour les juifs » sous l'égide internationale. Il lança le mouvement sioniste en 1897 lors du premier congrès sioniste à Bâle où seront définis l'armature institutionnelle et le programme politique du mouvement. Une sorte de « parlement », le congrès sioniste dont les délégués étaient élus par les membres du mouvement, fut mis en place. D'autres organes visant à financer le mouvement et l'achat de terre en Palestine furent également créés.

Herzl fit du sionisme une question de politique internationale. Il commença par négocier avec l'Empire ottoman l'obtention par les juifs de la Palestine (1896-1902). Le manque de succès de ces négociations le fit se tourner vers l'Empire britannique qui lui proposa l'établissement de colonie dans le Sinaï et en Ouganda ; ces propositions, bien que n'ayant pas eu de suites, légitimèrent le mouvement sioniste. Après la mort de Herzl, Chaïm Weizmann continua son dialogue avec les Britanniques jusqu'à la déclaration faite par Arthur James Balfour qui accorda son accord de principe à la création d'un « foyer national » juif ; cette déclaration sera reconnue officiellement par la Grande-Bretagne en 1922.

Une deuxième émigration vers la Palestine eut lieu entre 1904 et 1914. Cette quarantaine de milliers de colons mit en place une « conquête par le travail » avec l'exigence d'un « travail hébreu », les fermiers juifs ne devant employer que des juifs, et la mise en place d'exploitations coopératives : les kvoutza dont la première fut fondée en 1909. Les premiers partis politiques apparurent, de même que des milices de défenses.

Cependant, la cause sioniste resta très minoritaire jusqu'en 1945 avec une indifférence voire même une hostilité d'une majorité du monde juif. Cette contestation fut soit contre l'idée de la persistance historique du peuple juif : marxiste appelant à un rapprochement du prolétariat, libérale appelant à une intégration des juifs dans leur société « d'accueil », et juive réformée promouvant l'idée d'un judaïsme uniquement religieux ; soit sur la nécessité d'une émigration massive des juifs en Palestine : socialiste appelant à l'autonomie culturelle et à la lutte des classes, autonomiste appelant à l'autonomie communautaire à l'intérieur même des États, religieuse refusant l'accélération du retour des juifs, et territorialiste appelant à fonder un état dans un territoire vacant. La plupart de ces critiques se résorberont jusqu'à devenir minoritaires à la suite de la Seconde Guerre mondiale.

Certaines réserves prirent également corps contre une omniprésence du sionisme politique ; tout d'abord avec la promotion d'un sionisme culturel favorisant l'éducation et la diffusion de la langue et de la culture hébraïque, avec notamment la fondation de l'Université hébraïque à Jérusalem en 1925 ; puis une réticence éthique appelant à l'ouverture à l'Autre et à la création d'un état binational, judéo-arabe, en Palestine ; et enfin une réticence religieuse de la part des sionistes orthodoxes qui ne voyaient en la solution politique qu'un moyen vers la rédemption d'Israël.

Toutefois, ces réserves furent assez marginales et le mouvement sera principalement dominé par un sionisme étatique. Les partisans d'un État juif souverain étaient divisés en trois grandes familles politiques : le « sionisme général », initialement majoritaire, sans idéologie trop tranchée ; le révisionnisme privilégiant des actions plus violentes avec la promotion d'une armée juive ; enfin le « sionisme socialiste » devenant dominant à partir de 1933 et promouvant le travail pionniers.

L'Agence juive, créée en 1922 pour coopérer avec l'Empire britannique, prit de plus en plus de poids politique ; elle se transforme dans les années 1930 en véritable gouvernement potentiel. Les juifs de Palestine étaient quant à eux représentés par L'Assemblée des élus et le Conseil national.

Le sionisme atteignit son but principal avec la déclaration d'indépendance de l'État d'Israël le 14 mai 1948. Cependant, la grande majorité des juifs resta dans leur « pays d'exil », le sionisme prit donc une forme autonome en continuant à appeler les juifs à rejoindre l'État d'Israël. L'Agence Juive continua à amasser des dons dans le but d'aider les juifs candidats à l'émigration à s'installer. Les communautés juives se dotèrent d'instances (le C.R.I.F. en France) et de lobbies (l'A.I.P.A.C. aux États-Unis) pour défendre les intérêts d'Israël dans les pays occidentaux. Par ailleurs, la Diaspora, n'ayant au départ que peu de poids dans les affaires intérieures d'Israël, en prit de plus en plus suite à la guerre du Kippour. Tout en soutenant la politique israélienne dans son ensemble, elle n'hésita pas à émettre des critiques à son égard. Finalement, le sionisme perdu de sa substance d'origine et devint un pro-israélisme.

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 09:36

Dans un tout autre registre, je vais poster certains de mes devoirs fait pour l'INALCO.

Tout d'abord une fiche sur le wahhabisme :

 

 

Le Wahhabisme

 

Le wahhabisme, wahhābīya en arabe, est un mouvement islamique fondé par Muhammad ibn ʿAbd al-Wahhāb (1703-1792). Né à ʿUyaina, il était membre de la tribu des Banu Tamïm. Après des études à Médine, il enseigna et étudia de ville en ville jusqu'à revenir à ʿUyaina ou il commença à enseigner ses doctrines. Puis, rejeté par plusieurs membres de sa famille pour ses positions hérétiques et expulsé de la ville par le gouverneur, il fut accueilli à Darʿīya dans le Najd où il s'allia en 1744 avec le chef du village, Muhammad ibn Saʿud, pour la défense et la propagation de sa doctrine. Ils créèrent ainsi un état où la Shariʿa (loi islamique) remplace la loi tribale. Ibn Abd al-Wahhāb ayant l'autorité spirituelle et Ibn Saʿud l'autorité politique.

La communauté de Muhammad ibn ʿAbd al-Wahhāb se donne pour nom “ muwahhidun ” (unitarien), l'appellation de wahhabisme est celle donnée par ses adversaires ; elle est entrée dans l'usage parmi les Européens. Elle se déclare sunnite, suivant l'école hanbalite selon l'interprétation d'Ibn Taymiyya (1263-1368). Le wahhabisme considère toutes les autres doctrines islamiques comme de l'incroyance. Son dogme appelle à un retour aux sources de l'islam et un rejet de toutes les innovations (bidʿa) postérieures au troisième siècle de l'Hégire. Il met avec un accent particulier sur l'unicité absolue de Dieu et sur l'obéissance stricte au Coran et au Hadith. Il rejette particulièrement le culte des saints, les visites aux mausolées et même leur construction ; de même, il rejette le ta'wīl (interprétation ésotérique du Coran) et l'usage du chapelet.

Suite à la création de leur état islamique, les wahhabites se mirent à faire la guerre avec les tribus alentour et notamment ils combattirent le shaykh de Riyad. Ces incursions permirent d'étendre l'influence d'Ibn Saʿud. Suite à sa mort en 1765, son fils ʿAbd-al-ʿAzīz lui succéda et continua son œuvre de propagation du wahhabisme ; Ibn ʿAbd al-Wahhāb mourut à son tour en 1792. L'autorité ottomane tenta d'éradiquer à plusieurs reprises les wahhabites, mais sans succès. En 1801, ces derniers saccagèrent la ville de Kerbalah et en massacrèrent la population. Après la mort de ʿAbd-al-ʿAzīz en 1803, son fils Sa'ud continua son œuvre de conquête et de destruction en envahissant les lieux saints où ils démolirent de nombreuses tombes et monuments, en particulier le cimetière de Baqi à Médine. Puis l'intervention de Muhammad Alī Pasha réussit à détruire le coeur du pouvoir wahhabite dans le Najd.

Cependant, la famille Saʿud réussi à rétablir son pouvoir sur Riyad et sa région, mais furent contraints en 1884 à l'exil au Koweït par la famille Al-Rashīd basée à Ha'il, elle aussi partisane de la doctrine wahhabite. Néanmoins, ʿAbd Al-ʿAzīz ibn ʿAbd al-Rahman ibn Saʿud, le fils du dernier gouverneur de Riyad réussi à restaurer le pouvoir de sa famille en 1901. Avec l'aide des Britanniques, il reprit rapidement possession des territoires ayant appartenu aux wahhabites, il déposa la famille Al-Rashīd et se rendit mettre du Hejaz en 1925. Enfin, en 1932 il proclama le Royaume d'Arabie Saoudite ; à partir de ce moment, le wahhabisme restera étroitement lié à ce royaume saoudien. Pendant toute cette période, les destructions des sites historiques et religieux reprirent de plus belle, avec la destruction du cimetière de Baqi à Médine qui avait été reconstruit suite à la première destruction de 1806.

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