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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 21:27

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51edr2cGshL._.jpg

Tout d'abord une première remarque, Ibn Ashir n'est pas l'auteur de ce livre. Ce livre est plutôt (en partie) un commentaire du matn1 d'Ibn Ashir. Commentaire rédigé par le théologien Tarik Bengarai (dont une petite biographie aurait été la bienvenue).

En effet, le livre fait 500 pages pour commenter un matn de 318 vers, et plusieurs chapitres n'ont pas un rapport direct avec le matn (les règles du mariage, du commerce, les rappels historiques, etc.). Donc l'attribution en auteur principal à Ibn Ashir me semble un peu étrange.

 

Ensuite, je commence par les quelques points négatifs (plus sur la forme que sur le fond) :

- Le matn en lui même n'est pas traduit dans son intégralité et certains passages ne sont pas mentionnés et uniquement paraphrasés directement en commentaire,

- Plusieurs passages en arabe de commentaires d'autres théologiens comme des passages de la moudawwana de Sahnûn ou de la risala d'al-Qayrawani ne sont absolument pas traduits,

- L'édition du livre laisse grandement à désirer, en effet de nombreux passages (parfois de plus d'une page) sont répétés plusieurs fois dans le livre, parfois à 2 pages d'intervalle ! Il y a une chose très pratique dans l'édition qui s'appelle les renvois.... (voir page xxx).

Ce livre étant avant tout à destination du public francophone, il serait de bon ton de respecter les standards de l'édition francophone.

 

Ces mises au point étant faites le contenu du livre reste excellent. Avec une première partie accès sur l'histoire des quatre écoles de fiqh, des écoles de théologie (aqida). A savoir cependant que le commentaire de la partie aqida du matn reste assez succinct et un autre livre de théologie asharite est indispensable à lire en complément (La Foi musulmane de Hassan Ayyoub par exemple, ou encore les cours du site aslama.com).

Ensuite, après une petite partie sur les statuts légaux en Islam (haram, makrûh, etc), l'auteur s'attaque au commentaire des vers du matn concernant les cinq piliers de l'Islam. Dans l'ensemble cette partie est très claire et détaillée. Même si l'apprentissage auprès d'un prof compétent est indispensable, ce livre est une bonne base pour débuter et pour servir de référence.

Ensuite, vient le chapitre sur le soufisme ou tasawwuf, la spiritualité islamique, qui me semble plutôt bon.

Puis, vient une partie concernant divers sujets de religion comme les fêtes musulmanes, le mawlid, les interdits alimentaires, le mariage, le commerce, les assurances.

Enfin, le livre se termine par une excellente bibliographie avec également quelques très bons sites internet.

 

1Un matn est un texte (souvent sous la forme d'un poème) permettant d'apprendre facilement par cœur les grandes lignes d'un sujet (théologie, jurisprudence, grammaire).

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 15:59

   Or nous gagnerions en lucidité historique, nous semble-t-il, à mieux évaluer la vie intellectuelle en Arabie aux VIe et VIIe siècles et à l'époque omeyyade. Terre d’accueil de communautés juives et judéo-chrétiennes, en contact permanent avec les grands centres de culture du Proche-Orient, l'Arabie avait depuis longtemps reçu les éléments principaux de la culture ambiante. Les débats évoqués dans le Coran sur la survie individuelle après la mort, sur le destin, la nature de l'esprit, etc., ne relèvent en rien d'une mentalité primitive. Certes, tous les Arabes n'étaient pas partie prenante de ces discussions. Mais il est légitime d'inférer que parmi eux des cercles – restreints sans doute mais influents- possédaient de vastes connaissances, non pas en sciences ou en philosophie grecque classique, mais dans ce savoir magico-gnostique syncrétiste qui constituait le fonds commun de la culture religieuse du Proche-Orient – en dehors des centres urbains contrôlés par les églises officielles bien sûr – et qui incluait l'astrologie, l'arithmosophie et bien d'autres sciences occultes. L'existence d'une telle élite à tendance ésotériste pourrait éclairer la soudaineté de l'éclosion d'une culture paraissant parfois achevée dès le moment de sa naissance, ce que matérialise en quelque sorte l'architecture islamique d'époque omeyyade avec l'achèvement du Dôme du Rocher à Jérusalem (692) ou de la Grande Mosquée de Damas (715). Elle expliquerait parallèlement aussi le rapide intérêt pour l'alchimie que suggère l'historiographie arabe évoquée plus haut : le terrain était préparé de longue date.

 

Pierre Lory, Alchimie et mystique en terre d'Islam(p.18-19)

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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 21:43

 

   La plus récente des solutions providentielles au problème du gouvernement a été, il y a mille quatre cents ans, la fondation, à Médine, de l’État islamique primitif, donc le succès à ses débuts tient du miracle. Sa perfection initiale a cependant été de courte durée, mais, grâce à des archives détaillées, elle demeure aujourd’hui encore l'idéal, l'exemple et le critère. Aucun effort n'a été épargné pour la maintenir vivante dans la mémoire des hommes, et en un sens, c'est d'elle que l'Islam a vécu au cours des siècles. Incarnant pour ainsi dire les pratiques et directives de l'Envoyé de Dieu, cet idéal constitue la deuxième autorité spirituelle de la religion, la première étant la Révélation elle-même. Et la troisième, incomparablement moindre que les deux autres, sans aucun pouvoir pour promouvoir quelque changement fondamental que ce soit, réside dans un certain consensus des Musulmans eux-mêmes, de ceux dont l'option est sûre. Mais si l'Islam ne confie que peu d'autorité spirituelle à l'être humain, ce peu concerne tout le monde : c'est pourquoi on entend quelquefois affirmer que tout homme y est prêtre. De toute façon, l'Islam ne connaît pas la laïcité, donc ne coupe pas le pouvoir politique du pouvoir religieux, et on ne peut nier qu'il existe encore dans une multitude d'individus à travers le monde musulman une conscience aiguë et rigoureuse de ce que Dieu a ordonnée et de ce que le Prophète a recommandé. Après les quatre premiers califes, que l'on continue à révérer comme des saints, les plus hautes fonctions ont été occupées par des hommes dont un nombre relativement restreint étaient des justes. Le diction « Le pouvoir et le Paradis ne vont pas ensemble » en est venu très vite à être presque considéré comme un truisme. Mais la pénurie de chefs exemplaires n'a pu ébranler pour autant la structure immuable et adamantine de cette société théocentrique. Grâce à elle, et grâce à cette vigilance spirituelle largement répandue parmi les croyants, le monde de l'Islam a été capable de résister à certaines dures épreuves. Un conquérant païen comme Houlagou, petit-fils de Gengis Khan, a pu balayer la Perse, l'Irak et la Syrie, raser Bagdad, alors siège du califat, sans y laisser pierre sur pierre, et passer la plus grande partie de ses habitants au fil de l'épée, y compris le calife et toute sa famille – pour quel résultat ? En 1258 de notre ère, ces pays n'étaient gouvernables que d'une seule façon, et vers la fin du siècle, la dynastie mongole était devenue la championne de l'Islam et l'éclatante protectrice de ses arts. Telle est aussi la destinée qui attendait Tamerlan, conquérant peut-être encore plus destructeur, et ses successeurs du siècle suivant.

La Onzième Heure, Martin Lings

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 21:06

 

  Le cheikh [Ahmad al-Alawi] raconte ceci au sujet d'un disciple du cheikh al-Bûzîdî :

  « Un de nos frères était troublé et embarrassé par le cas de Jacob et l'affliction où celui-ci fut plongé à cause de Joseph ; selon les termes du Coran : Ses yeux blanchirent de tristesse et il était accablé. Il me demanda comment Jacob avait pu éprouver une si excessive douleur et comment la beauté de Joseph avait pu détourner son attention de la beauté de la vérité, citant comme argument ces vers d'Ibn al-Fârid :

Si, aux oreilles de Jacob, on avait proclamé la beauté de Sa face

Jacob eût oublié la beauté de Joseph.

   « Je le laissai dire jusqu'à ce qu'il s'apaisât, puis je lui répondis : “Ce n'était pas pour la personne de Joseph que Jacob éprouvait cette douleur extrême, mais parce que Joseph était, pour lui, le lieu de manifestation de la vérité, de sorte que lorsque Joseph était auprès de lui, l'état de présence en Dieu de Jacob devenait plus intense. La vérité lui apparaissait en Joseph comme elle apparaissait à Moïse sur le mont Sinaï, au point que Moïse ne pouvait guère parvenir à l'état de grande intimité que lorsqu’il était sur la montagne, bien que Dieu soit présent en tout lieu. Il est avec vous où que vous soyez. De même, la beauté de la vérité se manifestait à Jacob sous la forme de Joseph, si bien qu'il ne pouvait supporter d'en être séparé, car celui-ci était devenu en quelque sorte le sanctuaire orienté de sa vision de Dieu. Pareillement, le Prophète a dit : ‘J'ai vu Dieu sous la forme d'un adolescent imberbe.’ De là, aussi, la prosternation des anges devant Adam que Dieu créa à Son image, et de là, encore, la prosternation de certains chrétiens devant Jésus pendant sa vie même et le fait qu'ils lui reconnaissent les attributs de la divinité. Toutes ces prosternations s'adressent à Dieu et à nul autre que Dieu, car la manifestation de Sa beauté peut être si intense en certaines formes que les imperfections humaines en sont effacées.

   «  Les hommes doués d'intelligence parfaite, les prophètes et les élus des saints voient Celui qui se manifeste dans la forme, non la forme elle-même, de sorte que leur connaissance, loin d'impliquer limitation et comparabilité, est une affirmation de Sa transcendance et de Son incomparabilité ; quand ils Le contemplent, sous quelque forme que ce soit, leur vision se rapporte à Son nom Azh-Zâhîr, l'extérieur ou le manifeste.

   « L'état d'intimité de Jacob avec Dieu devenait extrêmement intense quand il voyait son fils et, lorsqu'il le perdit, la vision directe ne vint plus aussi facilement. Ce qui explique son affliction.

   «  Tu devrais aussi savoir que si la vérité, sous certaines formes, apparaît clairement à Ses serviteurs, elle est néanmoins jalouse à cause de Ses autres formes en lesquelles ils l'oublient, car ils s'attachent alors à une forme limitée qui est bien souvent de la plus éphémère brièveté. C'est pourquoi, comme elle le fit pour Jacob, la vérité éprouve ceux qu'elle aime par la disparition soudaine de la forme, afin que leur vision puisse se tourner de la partie vers le tout. »

 

Martin Lings, Un saint soufi du XXe siècle

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 22:22

 

L'homme en quête de Dieu sera satisfait d'une station lointaine ?

Non, car il n'aspire à rien qui soit moins que l'union.

Le vrai chercheur sur son visage porte un signe,

Sur son front luit une rayonnante lumière.

Il est toujours proche, courtois, respectueux,

Résolu, envers les censeurs indulgents, honorant

L'ami véritable. Son but transcende tous les buts :

Rien qui puisse lui faire obstacle, l'abrupt est pour lui comme plat.

Il n'a d'autre visée à côté de sa cible.

L'attachement à la famille ne l'en détourne ni le blâme.

Belle est la description qui, par elle-même,

Suffit à le définir : le chercheur de la vérité.

Tel est celui qui la recherche, il fait de sa quête

L'unique objet de ses regards. Puis, dépouillant son âme

Des défauts qu'il y trouve, lorsqu'elle est nue

De leurs opposés la revêt. Serviteur de Dieu en tous temps et tous lieux

A ses obligations rituelles légales.

De son propre gré il en ajoute d'autres,

Jusqu'à ce que la vérité soit son ouïe, sa vie,

Sa langue et sa parole et ses mains et ses pieds.

Il meurt avant sa mort pour vivre en son Seigneur,

Puisqu'après cette mort se fait la migration suprême.

A rendre compte il s'appelle lui-même avant d'y être appelé.

Étant en cela le meilleur suppléant de la vérité.

Avant son être propre, de la vérité il voit l'Être,

Il Le voit après lui et de quelque côté qu'il se tourne.

Dieu seul était et rien autre avec Lui.

Il est maintenant comme Il était, dernier comme premier,

Essentiellement un, il n'est rien hormis Lui, L'intérieur, l'extérieur,

Sans commence et sans fin. Quoi que tu voies,

Tu vois son Être. Dans l'unification absolue,

Serait-elle enfermée sous un voile ? Là le seul voile est Sa lumière.

 

Dîwân, cité par Martin Lings dans Un saint soufi du XXe siècle

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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 11:10

   Il n'y a pas d'« avant » qui Le précède, ni d'« au-delà » qui Le dépasse, ni de « à partir de » qui Le devance, ne de « loin de » qui concoure avec Lui, ni de « vers » qui se joigne à Lui, ni de « dans » qui Le localise, ni de « quand » qui Le fixe, ni de « si » qui délibère avec Lui, ni de « au-dessus » qui Le couvre, ni de « au-dessous » qui Le porte, ni de « en face » qui s'oppose à Lui, ni d'« auprès » qui Le resserre, ni de « en arrière » qui Le tire, ni de « en avant » qui L'arrête, ni d'« auparavant » qui Le fasse apparaître, ni d'« après » qui Le fasse disparaître, ni de « tout » qui Le rassemble, ni de « il y a » qui Le fasse exister, ni de « il n'y a pas » qui fasse qu'Il n'existe point, ni de voile qui Le cache. Sa perpétuité a devancé la contingence, Son existence a devancé le néant, et Sa pérennité a devancé la fin. Si tu dis « quand » ? Son être a précédé l'instant. Si tu dis « avant » ? L'avant est après Lui. Si tu dis « Lui » (Huwa) le H et le W (de Huwa) sont Sa création. Si tu dis « comment » ? Son essence se dérobe à la description par la manière d'être. Si tu dis « où » ? Son existence a devancé le lieu. Si tu dis « qu'est-Il » ? Son ipséité (mâhiyyatuhu) est distincte des choses (Il existait avant le lieu et Il est maintenant tel qu'Il est depuis toute éternité et rien ne Lui ressemble). Il n'y a que chez Lui que deux attributs peuvent être réunis simultanément sans qu'Il se trouve mis par eux en contradiction. Il est caché dans Sa manifestation et manifeste dans Son occultation, car il est « le Manifeste et le Caché », le Proche (al-Qarîb) et l'Elevé (al-Mutaʿâlî), et Ses créatures sont ainsi empêchées de Lui trouver un semblable. Il agit sans contact direct, Il se fait comprendre sans qu'on Le rencontre, et Il guide sans faire signe. Il n'est ni en proie aux désirs, ni agité par les pensées. On ne saurait attribuer de modalités à Son Essence, ni de contraintes à Son Action.
    Les yeux ne L'atteignent pas, que les opinions ne sauraient Le capter, que Ses Attributs ne se modifient pas et que Ses Noms ne changent pas, et qu'Il n'a jamais cessé et ne cessera jamais d'être tel : « Il est le Premier et le Dernier, le Manifeste et le Caché, et de toute chose Savant »1, et « Rien n'est à Sa ressemblance, alors qu'Il est l'Audient et le Voyant parfaits »2.


L'essentiel de la religion musulmane, Tarik Bengarai

 

1. (Coran 57, 3)

2. (Coran 42, 11)

 

EDIT : J'ai ajouté des guillements par rapport à l'édition d'origine pour améliorer la lisibilité.

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 23:12

 

A nul autre que Dieu n'accorde ton amour.

Hors de Lui, toutes choses ne sont que pur mirage.

Si tu peux recevoir quelque conseil, voici le nôtre.

Toujours en leur Bien-Aimé sont absorbés les Gens du souvenir,

Car nul n'a la vie hormis ceux qui sont proches de Lui.

De la vérité, aucun voile ne les sépare.

Que sont alors pour eux les grâces du paradis ?

La passion a fait fondre les serviteurs de Dieu ; ils ont bu,

Et boivent encore, son vin dans l'éternité conservé,

Breuvage qui les a ravis à eux-mêmes.

Puisses-tu seulement prendre à leur coupe une gorgée !

Ce serait un moyen de t'approcher de nous.

Le bon serviteur est celui qui répond : « Je suis à Ton service »,

A cet appel de Dieu que nous lui adressons.

Toi, si tu cherches Dieu, sois notre compagnon :

Tu peux être certain qu'il n'est pas d'autre voie.

 

Dîwân, cité par Martin Lings dans Un saint soufi du XXe siècle

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 19:42

http://ecx.images-amazon.com/images/I/71iLUZNkHEL._SL1500_.jpg

Cet ouvrage est divisé en trois parties.

- Une première partie sur la biographie de Cheikh al-Alawi et sur l'histoire de sa confrérie,

- Une deuxième partie nous exposant en partie la doctrine du Cheikh,

- Une dernière partie avec des citations et explications d'aphorisme du maître, et des extraits de son diwân poétique.

La première partie est tout bonnement passionnante, avec de longs extraits de l'autobiographie du Cheikh. On y découvre sa vie, son initiation, son investiture en tant que chef de confrérie, ainsi que son importance pour l'islam au Maghreb de par son rôle de mujaddid (revivificateur de la religion).

La deuxième partie est quant à elle particulièrement difficile et n'est peut-être pas à mettre entre toutes les mains. De nombreuses notions métaphysiques y sont exposées qui sont difficilement compréhensibles pour le non-initié (ce que je suis). J'ai cependant beaucoup apprécié le chapitre sur le symbolisme des lettres de l'alphabet arabe et en particulier de la première lettre de la basmala ; de même que les chapitres à propos du commentaire du Cheikh sur al-Murshid al-Mu'in (Matn Ibn 'Ashir).

Petit bémol concernant l'édition : un grand nombre de fautes de typographie rendant parfois difficile la compréhension (ce qui est particulièrement grave dans ce genre de sujet où la précision est indispensable).

 

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7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 20:43

 

Les lettres sont les symboles de l'encre,

Sans l'onction de l'encre, il n'est pas de lettre.

Illusoirement leur appartient la couleur ;

C'est la couleur de l'encre venue à l'être manifesté.

Pourtant on ne peut dire que l'encre se soit départie de ce qu'elle était.

La non-manifestation des lettres résidait dans le mystère de l'encre.

Et leur manifestation est produite par sa propre détermination.

Elles sont ses déterminations, ses états d'actualité.

Et il n'y à la rien d'autre que l'encre. Comprends cette parabole !

Les lettres ne sont pas l'encre ; ne dis pas qu'elles sont l'encre,

Ce serait une erreur, ni que l'encre est identique aux lettres, ce serait absurde.

Car l'encre était, avant que ne fussent les lettres,

Et elle sera encore quand aucune lettre ne sera plus.

Regarde bien chaque lettre et vois qu'elle a déjà péri

Hormis la face de l'encre, c'est-à-dire la face de Son essence ;

A Lui toute majesté et exaltation !

Ainsi, même en leur manifestation, les lettres sont cachées,

Submergées par l'encre sublime car leur manifestation n'est autre que La sienne.

La lettre n'ajoute rien à l'encre et n'en retranche rien,

Mais elle révèle l'intégral en mode distinctif,

Sans que l'encre en soit altérée. Encre et lettre ensemble, font-elles deux choses distinctes ?

Réalise donc la vérité de mes paroles : il n'y a point là d'existence

Si ce n'est celle de l'encre, pour celui qui comprend bien ;

Où que soit la lettre, son encre est toujours avec elle.

Ouvre ton intelligence et sois attentif à ces paraboles.

 

Abd al-Ghanî al-Nâbulusî, Dîwân al-Haqâ'iq, cité dans Al-Unmûdhaj al Farîd, de Cheikh Ahmad al-'Alawi, cité dans Un saint soufi du XXe siècle, de Martin Lings

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 22:18

Cet extrait de l'excellent Un saint soufi du XXe siècle de Martin Lings, nous présente la position du cheikh Ahmad al-'Alawi concernant certaines dérives du temps de la colonisation, notamment liées à l'occidentalisation, et que le cheikh critiquait dans sa revue Al-Balâgh :

 

    Outre ses écrits pour la défense du soufisme, on trouve dans Al-Balâgh des attaques du cheikh contre les prétendus « réformateurs » pour leur constante complaisance à l'égard de l'époque moderne, aux dépens de la religion. En même temps, il exhorte les chefs des zawâyâ mettre en pratique ce qu'ils enseignent. En ce qui concerne le monde en général, il prend position contre tous les mouvements antireligieux et en particulier contre le communisme. Pour les musulmans, il insiste sur l'importance qu'il y a à élever le niveau général de connaissance de l'arabe classique et dénonce la pratique de se faire naturaliser français. Il met inlassablement en évidence les dangers de l'occidentalisation ou adoption des habitudes européennes de pensées et de vie et, en particulier, il condamne ces musulmans qui portent des vêtements européens modernes.

    En tant que guide spirituel, et par conséquent en suprême psychologue, il savait que les vêtements, qui forment l'ambiance immédiate de l'âme humaine, ont un pouvoir incalculable de purification ou de corruption. Ce n'est pas sans raison, par exemple, que dans la chrétienté et le bouddhisme, les ordres religieux ont conservé, à travers les siècles, un costume qui avait été tracé et institué par une autorité spirituelle soucieuse de choisir une tenus compatible avec la vocation de celui qui la porte. En dehors de ces exemples, on peut d'ailleurs dire, d'une façon générale, que toutes les civilisations théocratiques, c'est-à-dire dans toutes les civilisations à l’exception de la civilisation moderne, le vêtement a été plus ou moins inspiré par la conscience que l'homme et le représentant de Dieu sur la terre, et ce n'est nulle part plus vrai que dans la civilisation islamique. En particulier, le vêtement arabe de l'Afrique du Nord-Ouest, turban, burnous et djellaba, qui n'a pas changé depuis des siècles, est une combinaison parfaite de simplicité, de sobriété et de dignité, et il conserve ces qualités jusque dans les haillons.

   Un saint soufi du XXe siècle, Martin Lings

 

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