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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 21:03

   Harâm b. Hakîm rapporte de son oncle que le Prophète – Paix et bénédiction de Dieu sur lui – a dit : « Vous vivez à une époque où les savants sont nombreux, et où les lecteurs du Coran et ceux qui font des sermons peu nombreux, les mendiants sont rares et ceux qui donnent sont nombreux. L’œuvre accomplie en ce temps est meilleure que le savoir. Viendra un temps où ce sera l'inverse : les savants seront peu nombreux, ceux qui feront des sermons seront légion, ceux qui donneront seront rares, et les mendiants seront nombreux. Le savoir en ce temps sera plus précieux que l'action. »

Rapporté par Tabarânî. Cité par al-Ghazâlî dans Le livre de la Science.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 22:36

   La Réalité divine s'est dévoilée aux prophètes et aux saints de Dieu. Ce n'est pas grâce à l'apprentissage, à l'étude ou à la composition d'ouvrages que la Lumière a pénétré en leur cœur. L'illumination s'est réalisée pour eux en renonçant au bas-monde, en se défaisant de ses attaches, en vidant le cœur des préoccupations terrestres, et en accourant vers Dieu de toute l'énergie spirituelle dont ils étaient capables. C'est ainsi que le serviteur s'expose aux souffles de la Miséricorde divine. Il ne choisit pas de les provoquer. Tout ce qui incombe au serviteur, c'est de se purifier pour recevoir la Miséricorde que Dieu accorde, comme Il l'a accordée aux prophètes, et continue de l'accorder aux saints. Si la volonté du serviteur de Dieu est sincère, si son aspiration spirituelle est pure, et si ses efforts sont constants, les éclairs de la Vérité illumineront son cœur, et la grâce secrète de Dieu lèvera le voile. Alors le monde invisible du Mystère se dévoile, et le serviteur atteint la Certitude.

    Livre des merveilles du cœur, Al-Ghazâlî, traduit et cité par Jean Abd-al-Wadoud Gouraud dans son introduction à sa traduction de Le livre de la Science, d'Al-Ghazâlî.

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 18:50

    À cause de leur application personnelle (iğtiḥād) et des divergences qui en découlèrent (tanāzzuʿ fī-hi), les gens se sont disputés (tanāzaʿa) à propos de la voie [soufie]. Un groupe a condamné les soufis et le soufisme, en affirmant qu’il s’agissaitd’innovateurs et qu’ils étaient en dehors de la sunna. Une telle condamnation, dont les propos restent célèbres, est mentionnée à propos d’un groupe d’imams. Ils ont été suivis [dans leur condamnation] par les gens du fiqh et du kalām. Un [autre] groupe a exagéré à propos [des soufis], prétendant qu’ils étaient les plus méritants (afḍal) et les plus parfaits (akmal) après les prophètes. [En réalité], ces deux positions extrêmes sont condamnables.

    La vérité, c’est que [les soufis] s’appliquent dans l’obéissance à Dieu, tout comme d’autres s’y sont appliqués. C’est pourquoi il y a parmi [les soufis], le rapproché de Dieu (al-sābiq al-muqarrab) de par son application et le modéré (muqtaṣad) qui fait partie des gens de la droite (ahl al-yamīn). Dans chacune de ces deux catégories, il y a celui qui, tout en s’appliquant [dans sa voie], s’est trompé ; ou bien un autre a péché, puis s’est repenti ou ne l’a pas fait.

 

L'épitre des soufis et des "pauvres en Dieu", Shaykh al-Islam Ibn Taymiyya, traduction Qais Assef

Version complète disponible ici :

http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00584673

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 17:51

    Par conséquent, celui qui considère la voie des savants ou des juristes [de Couffa] ou bien des dévots (ʿubbād) ou des renonçants (zuhhād) [de Bassora], supérieure à celle des Compagnons, il est dans l’erreur et dans l’égarement et c’est un innovateur (mubtadiʿ). Quant à celui qui condamne, et qui désigne comme fautifs (maʿīb) et haïssables (mamqūt) ceux qui, tout en s’appliquant dans la voie de l’obéissance, commettent des erreurs, celui-ci est [lui-même] dans l’erreur et dans l’égarement et c’est un innovateur (mubtadiʿ).

De même, dans l’amour, la haine, l’amitié et l’animosité, les gens émettent des jugements et il arrive que, parfois, ils soient dans le vrai et parfois dans le faux. En effet, beaucoup de gens, s’ils aiment quelque chose chez un homme, alors ils lui portent un amour absolu, au point de s’aveugler sur ses défauts. Ou bien, s’ils détestent quelque chose chez un homme, alors ils lui portent une haine absolue, au point de s’aveugler sur ses qualités. […]. Une doctrine [aussi excessive] provient des innovateurs, des kharidjites, des mutazilites, et des murdjites.

    Selon les ahl al-sunna wa al-ğamāʿa, le Coran, la Sunna et le consensus [des oulémas] indiquent que le croyant mérite (yastaḥiqqu) la promesse de Dieu et sa grâce : c'est-à-dire la récompense pour ses bonnes actions et le châtiment pour ses mauvaises actions. En effet, une même personne rassemble en elle aussi bien ce qui est digne de récompense que ce qui mérite le châtiment ; ce qui est louable et ce qui est blâmable ; ce qui est appréciable et ce qui est détestable. Ainsi en est-il.

 

    Il est donc connu que le taṣawwuf est originaire (manšaʾ) de Bassora. Et il y avait dans cette ville ceux qui suivaient la voie de la dévotion (ʿibāda) et du renoncement (zuhd), en s’y appliquant à leur manière (iğtihād). Tout comme il y avait à Couffa, ceux qui suivaient la voie de la jurisprudence (fiqh) et de la science [religieuse] (ʿilm), en s’y appliquant (iğtihād) [également] à leur manière.

    Cependant, les premiers ont été identifiés à une apparence vestimentaire : le vêtement de laine. Ainsi, ils furent nommés ṣūfī. Néanmoins, leur voie ne se limite pas au port d’un vêtement de laine, d’autant que celui-ci n’est ni une exigence de leur part, ni une des conditions de leur voie. Cette dénomination leur a été attribuée à cause de leur apparence (ẓāhir al-ḥāl).

 

L'épitre des soufis et des "pauvres en Dieu", Shaykh al-Islam Ibn Taymiyya, traduction Qais Assef

Version complète disponible ici :

http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00584673

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 08:40

   Qu'est-ce que la foi ? La réponse est simple - mais Allah est plus savant - puisque le législateur nous l'a Lui-même fournie. Il s'agit de croire en Allah, à Ses Anges, Ses Livres, Ses Envoyés et au Jour dernier. Il est obligatoire de protéger celui qui professe cette foi et interdit de l'agresser. Or c'est bien une telle foi qui caractérise - mais Allah est plus savant - chaque individu de la communauté, et ce, malgré la multitude des courants et en dépit des divergences en matière d'application des principes : tant que ces derniers sont saufs, les différences restent bénignes. Ainsi, celui qui est autorisé par Allah à s'exprimer doit s'assurer que, ce faisant, il préserve les liens de l'Islam et favorise la fraternité religieuse. Il ne doit pas s'attaquer aux convictions des membres de la communauté ni dénigrer leurs doctrines ni décréter qu'elles sont fausses, car cela conduirait à des schismes et des rejets mutuels, supprimant alors toute possibilité d'entente harmonieuse entre les musulmans.

   N'es-tu pas conscient, ô Cheikh, du désarroi de la communauté, fruit des erreurs du passé ? Voilà à quoi nous a conduit le sectarisme exagéré de ceux qui n'admettent que leur propre école ! Chacun déshonore l'autre et le juge en fonction de ses propres convictions. Tous sont pourtant bien croyants, même si l'exclusivisme de certains les a conduits à dissoudre les liens de fraternité religieuse ; ils ont fini par rompre l'unité née des deux témoignages de foi, de la pratique de la prière, de l'aumône, du pèlerinage, du jeûne de Ramadan, de la récitation du Qoran et de tous les principaux rites musulmans.

 

 Lettre ouverte à celui qui critique le soufisme, Sheykh Ahmed al-Alawi.

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4 novembre 2012 7 04 /11 /novembre /2012 21:40

http://pmcdn.priceminister.com/photo/856467870.jpg   Samâ', qui signifie littéralement "audition", désigne dans la tradition des soufis l'audition spirituelle et plus particulièrement l'audition de musique dans le but d'accéder à un état de grâce ou d'extase, ou, comme disent les soufis, de "nourrir l'âme". Il s'agit donc d'une tradition de concert mystique, d'écoute spirituelle de musique et de chants, dans une forme plus ou moins ritualisée.
   Les paroles des anciens soufies éclairent des phénomènes et des états de conscience qui sont toujours vécus par les derviches. Les mythes, symboles et représentations qui s'en dégagent n'ont rien perdu de leur force et transparaissent toujours dans les propos des mystiques contemporains, qu'ils aient été transmis par des ouvrages ou par voie orale, ou qu'ils aient été retrouvés naturellement dans l'expérience mystique. C'est en ce sens que l'audition musicale peut constituer, au-delà des colorations culturelles, une expérience universelle.
   Musique et extase s'adresse aussi bien aux spécialistes qu'au public éclairé désirant pénétrer au cœur du mystère de la musique, et tout particulièrement des traditions musicales sacrées du Moyen-Orient que l'auteur, chercheur au CNRS, côtoie et pratique de longue date.

Quatrième de couverture de Musique et extase, de Jean During.

 

Cet ouvrage nous propose une découverte très complète du sama' selon les sources traditionnelles de l'islam, tant du côté des détracteurs (comme Ibn Taymiyya) que des promoteurs (al-Ghazâli, Tûsi, etc) de cette pratique. L'auteur nous présente le sama', son symbolisme, ses évolutions et ses modalités. Un chapitre est consacré au sama' de Mawlânâ Rûmi et de la confrérie Mevlevi. Par ailleurs, une excellente synthèse sur le statut de la musique en islam en proposé en annexe.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 17:25

 

Comment l'amoureux évanoui revint à lui-même et tourna son visage pour louer et remercier le Bien-Aimé

 

    Il dit : « Ô Anqâ de Dieu ! Lieu autour duquel tourne l'esprit dans son vol ! Je rends grâces que tu sois revenu de cette montagne lointaine de Qâf.

    « Ô Israfîl du lieu de la Résurrection de l'Amour, ô Amour de l'amour et du désiré de l'Amour !

    « Je désire, comme premier présent d'honneur que tu me feras, que tu poses ton oreille sur ma fenêtre.

    « Bien que grâce à ta pureté, tu connaisses mes sentiments, prêtes l'oreille à mes paroles, ô toi qui aimes ton serviteur !

    « Des centaines de milliers de fois, ô Prince unique, mes esprits se sont envolés par désir de ton oreille.

    « Que tu entendes, et que tu écoutes, et que tu souries de ces sourires qui donnent la vie,

    « Que tu prêtes attention à mes affaires, petites et grandes, et aux artifices de mon âme soupçonneuse :

    « Ma fausse monnaie, que tu connais bien, tu l'as acceptée comme pièces de bon aloi,

    « Pour l'audace de celui qui était insolent et égaré, ô toi auprès de la clémence de qui toutes les clémences ne sont qu'un atome.

[...] »

 

Mathnawî, Livre troisième, 4694-4703

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 09:08

Commentaire du verset du Qor'ân : Rassemble contre eux tes cavaliers et tes fantassins

 

   Quand tu prends la ferme résolution d'être religieux, le Démon dans ta nature te crie :

   " Ne va pas dans cette direction! Réfléchis, ô homme mal guidé ; car tu deviendras captif de la souffrance et de la pauvreté.

   " Tu deviendras misérable, tu seras coupé de tes amis, tu seras méprisé, tu le regretteras. "

   De peur du cri de ce Démon maudit, tu t'enfuis d'une vérité certaine pour tomber dans l'erreur,

   Disant : " Eh ! bien, j'ai demain et après-demain : je courrai dans la Voie de la religion, j'ai tout mon temps. "

   Alors, tu vois la mort tuant tes voisins à droite et à gauche, de sorte que s'élèvent les lamentations.

   A ce moment, de peur pour ta vie, tu décides d'être pieux pendant un temps, tu te comportes en homme véritable ;

   Tu revêts l'armure de la connaissance et de la sagesse, disant : " Je ne reculerai devant aucun danger. "

   De nouveau, le Démon de crie perfidement : " Prends garde, détourne-toi de l'épée de la pauvreté ! "

   A nouveau, tu t'enfuis loin de la Voie de la Lumière, et tu rejettes cette armure de connaissance et de vertu.

   Durant des années, tu es son esclave à cause d'un cri : tu t'es assoupi dans une telle obscurité !

   La crainte du cri des démons a enchaîné les gens et les a pris à la gorge,

   Jusqu'à ce que leurs âmes soient devenues désespérant de la Lumière, comme les esprits des infidèles qui demeurent dans les tombeaux.

   Telle est la terreur du cri de ce maudit : quelle doit être la crainte du cri divin !

   La peur du faucon tombe sur la noble perdrix : la mouche n'a pas part à cet effroi,

   Parce que le faucon n'est pas un chasseur de mouches : seules les araignées attrapent les mouches.

   Cette araignée, le Démon, exerce son empire sur les mouches comme toi, non sur la perdrix et l'aigle.

   Le cri des démons est le conducteur des damnés ; le cri du Seigneur est le gardien des saints,

   Afin que, étant donné que ces deux cris sont éloignés l'un de l 'autre, pas une goutte d'eau de la mer douce ne se mélange à la mer salée.

 

Mathnawî, Livre troisième, 4426-4344

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 22:05

Commentaire du hadith de Mustafâ (sur lui la paix) que le Qor'ân a un sens extérieur, et un sens intérieur, et que ce sens intérieur a un sens intérieur, et ainsi de suite, jusqu'à sept sens

 

   Sache que les mots du Qor'ân ont un sens extérieur, et sous ce sens extérieur un sens intérieur, extrêmement puissant ;

   Et en dessous de ce sens intérieur, un troisième sens intérieur par lequel toutes les intelligences deviennent perdues.

   Le quatrième sens intérieur du Qor'ân, personne ne l'a jamais saisi, sauf Dieu, le Sans rival, l'Incomparable.

   Dans le Qor'ân ne considère pas, ô mon fils, seulement l'extérieur : le Démon ne voit en Adam rien d'autre que de l'argile.

   Le sens extérieur du Qor'ân est comme le corps d'un homme, car ses traits sont visibles, tandis que son esprit est caché.

   Les oncles paternel et maternel d'un homme (peuvent le voir) pendant cent ans, et ne pas apercevoir de son état intérieur le bout d'un cheveu.

 

Mathnawî, Livre troisième, 4244-4249

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 18:20

Muhyi-d-Dîn Ibn ‘Arabî  tells how “a mission of Spanish Christians came from the north to negotiate with the Caliph. The Caliph wished to inspire then with awe by showing them the splendor of his kingdom. To this effect, he lined the road leading from the city gate of Cordoba to the gate of Medinat az-Zahra, a distance of one parasange (about 12 miles), with a double row of soldiers on either side who held aloft their naked swords that were both broad and long, with tips touching to form a roof. At the command of the ruler, the ambassadors were led between this double row of soldiers as through a covered way. The terror induced by this display is indescribable. In this way they reached the gateway of Medinat az-Zahra. The Caliph had had the ground from this gateway as far as the area where the reception by the ruler was to take place covered with brocade. At certain intervals along the way, dignitaries were seated, who could have been mistaken for kings, for they sat on splendid chairs, and were clothed in silks and brocades. Each time the ambassadors caught sight of one of these dignitaries, they fell  to the ground before them, taking him for the Caliph. Then they would be told, “Raise your heads! This is but a servant of his servants.” Finally they came to a courtyard, the floor of which was strewn with sand. In the center was the Caliph. His clothing was coarse and scanty. All he had on him was worth no more than four dirham. He sat on the ground, with his head bent forward. Before him was a copy of the Koran, a sword and a fire. “This is the ruler,” the ambassadors were told, who threw themselves to the ground. He raised his face in their direction, and even before they were able to utter a sound, he said to them, “God has commanded us, O you people, to call upon you to submit to this.” With these words, he showed them the Koran. “If you refuse, we shall compel you with this,” and he indicated the sword, “and if we kill you, then you will go thither!” and he pointed at the fire. The ambassadors were overcome with terror. At the command of the Caliph, they were led away before they could say anything. Subsequently, they signed the peace treaty, complete with all the conditions the ruler imposed.” (Titus Burckhardt, Moorish culture in Spain, London, Allen & Unwin, 1972, p. 34-35)

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  • : Extrait d'ouvrage sur l'islam, le soufisme et la métaphysique
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