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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 20:11

 

1) L'âme raisonnable humaine, qui est la dernière œuvre du démiurge, forme de vie immortelle, mue par elle-même et transcendant complètement le corps de chair et d'os quand elle se tourne vers elle-même ou vers les entités ontologiquement supérieures ; dans cette condition, elle est maîtresse de ses désirs et impulsions, mais non pas si elle se tourne entièrement vers le corps destructible ; elle est liée au corps ou véhicule lumineux, immortel comme elle.

2) L'âme irrationnelle que l'âme raisonnable produit quand elle s'unit à un corps : elle-là est mortelle, mais de plus longue vie que le corps de chair et d'os ; elle meurt en même temps que le corps pneumatique auquel elle est liée, après avoir survécu avec lui à plusieurs réincarnations ; elle est une forme de vie étroitement mêlée au corps en chair et en os, mais comporte des traces de mouvement autonome (elle ne se meut pas par elle-même, mais à partir d'elle-même, et d'une manière transcendante par rapport au corps) ; elle a des traces de désirs et tendances autonomes.

3) L'âme végétative, produite également par l'âme raisonnable humaine quand celle-ci s'unit à un corps périssable, est mortelle et périt avec le corps ; forme de vie mue par un autre, elle ne conserve que peu d'automotricité apparente : la passivité de « l'être mû » prévaut en elle.

 

Ilsetraut et Pierre Hadot, Apprendre à philosopher dans l'Antiquité

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5 août 2013 1 05 /08 /août /2013 13:47

 

   Il faut donc, ici comme dans d'autres cas, vivre par référence au principe directeur, c'est-à-dire à l'état et à l'activité de ce principe, comme l'esclave par référence à son maître et comme chaque <être vivant> par référence au principe qui lui est approprié. Or puisque l'homme est composé par nature d'une partie directrice et d'une partie dirigée, chacun devrait vivre par référence à son principe directeur. Mais « principe directeur » s'entend de deux manières (en effet dans un sens, la science médicale est un « principe directeur », et dans un autre sens la santé en est un, la première existant en vue de la seconde) : et il en va ainsi pour la partie contemplative <de l'âme>. De fait, en tant que principe directeur, le dieu ne prescrit pas, il est ce en vue de quoi la sagesse prescrit (<précisons que > « ce en vue de quoi » a un deux sens qu'on a distingués ailleurs, car lui, bien sûr, n'a besoin de rien).

C'est donc, quel qu'il soit, le choix qui correspond à l'acquisition des biens naturels (biens du corps, richesses, amis, etc.) favorisant le mieux la contemplation du dieu qui sera le meilleur, et voilà la plus belle limite. Tout autre choix qui, par défaut ou excès, empêche de prendre soin du dieu et empêche la contemplation, est mauvais.

 

Aristote, Éthique à Eudème

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 23:04

   Quelqu'un demanda un jour à al-Kindî : « Quel est l'homme le plus malheureux dans sa vie ici-bas ? » Il lui répondit : « Celui dont la volonté est d'acquérir les choses qui lui sont extérieures car, dans tous les cas, <il souffrira> d'une chose à laquelle il aspire et d'être privé <de la satisfaction> de l'un de ses désirs. Chaque chose qui lui échappe engendre un regret et chaque perte, une épreuve. Ces deux <sentiments> génèrent la tristesse et le chagrin, <sentiments> qui sont à l'opposé de la joie et de ma félicité. Or les opposés ne s'accordent en rien : quand l'homme est triste et <envahi> par le chagrin, sa joie et sa félicité disparaissent. Et celui qui est triste et envahi par le chagrin mène une vie d'infortune et, <dans ce cas>, se trouve malheureux dans sa vie ici-bas. »

« Les paroles d'al-Kindî » in Al-Kindî, Le moyen de chasser les tristesses et autres textes éthiques

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 22:45

   Chaque fois que tu reçois la représentation d'un plaisir, exactement comme pour les autres représentations, garde-toi d'être captivé par elle ; mais que l'affaire t'attende, et prends, auprès de toi, quelque délai. Puis rappelle ensemble les deux moments, celui où tu jouiras de ce plaisir et celui où, après la jouissance, tu réfléchiras et t'adresseras à toi-même des reproches ; et à ces moments oppose la joie que tu éprouveras de t'être abstenu et l'éloge que tu feras de toi-même. Si l'occasion se présente de te mettre à l'œuvre, applique-toi à ce que la douceur, le plaisir, la séduction qui sont en elle ne l'emportent pas sur toi ; mais oppose la conscience, incommensurablement meilleure, d'avoir toi-même remporté cette victoire.

Manuel d’Épictète, XXXIV

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